Zinnode : projet collectif multidisciplinaire. Mais encore ? Qui prend en charge sa coordination? Entretien avec Amélie Meurens, animatrice socio-culturelle à l’Espace Senghor.
Le Senghor n’a vraiment participé à la Zinneke qu’en 2002, en tant que coordinateur du Pôle Sud-Est composé de plusieurs groupes (un groupe est l’équivalent d’une Zinnode aujourd’hui). L’asbl Zinneke avait prospecté autour des centres culturels pour trouver des structures qui allaient pouvoir coordonner les Pôles et qui avaient déjà une assise administrative.
L’espace Senghor a une certaine reconnaissance au niveau du public mais aussi au niveau du travail de quartier axé sur le socioculturel, de l’aide à la création… Le monde artistique et le travail de terrain pouvaient déjà se rencontrer au sein même du Senghor. Les centres culturels offrent ce cadre-là, ce qui est intéressant pour la Zinneke.
Le Senghor fait aussi partie du réseau de toutes les associations d’Etterbeek ainsi que du réseau des centres culturels. C’est une structure qui offre la possibilité de mettre ensemble des gens.
La coordination des différents Pôles est remontée au niveau de la l’ASBL Zinneke. On ne parle donc plus de Pôles mais d’une coordination générale.
L’avantage pour les structures plus ancrées sur le terrain, comme le Senghor, est qu’elles ne s’occupent plus que d’une Zinnode. Le Senghor est porteur de projet pour la Zinnode d’Etterbeek.
Opinion
"La séparation de la Parade en différents Pôles, ça ne nous a pas du tout dérangés. Il y a tellement de participants à la Zinneke que lors de la Parade, on ne voit que ceux de devant et ceux de derrière. On ne voit pas tout ce qui est réalisé ailleurs. Bien sûr, on peut aller les rencontrer dans les workshops (…)."
Marylin Li énart, coordinatrice à la MJ Woo à Waterloo
Plusieurs choses : être à l’initiative du projet, essayer de rassembler les différents acteurs artistiques et socioculturels de la commune d’Etterbeek et repérer les associations susceptibles d’être intéressées.
La Zinneke est connue dans certaines sphères de Bruxelles mais dans les plus petites associations de quartiers, elle l’est moins. Le Senghor leur propose alors de s’intégrer dans le processus de la Zinneke tout en faisant attention aux spécificités de chaque association et de leur public.
Etre porteur de projet c’est donner un cadre au développement de ce projet, sur le plan financier, sur le plan de la coordination, du suivi, du soutien… C’est pouvoir offrir une vision globale de ce qui se passe ici, sur Etterbeek.
Opinion
"Par connaissance du terrain, en tant que centre d’informations (nous avons des fichiers d’un grand nombre d’associations publiques et privées), nous nous sommes toujours situés en tant qu’organe de coordination et d’organisation des activités pour le Pôle Nord de la Parade."
Carlos da Mata, directeur de l’ASBL Infor Jeunes à Schaerbeek
Oui c’est ça. On est la structure qui va gérer le projet de A à Z, en association avec une coordination artistique. Cette coordination va toucher le travail créatif dans tous les ateliers de la Zinnode et tenter d’obtenir quelque chose d’artistiquement homogène.
Le Senghor est un centre culturel mais mène également tout un travail de cohésion sociale : école de devoir, cours d’alphabétisation, cours de français… C’était, pour nous, l’occasion d’intégrer le public qui suit ces cours dans le projet. "Zinneke", ça dit bien ce que ça veut dire : mélanges et rencontres de plusieurs sphères et milieux différents. Nous donnons une possibilité à tous ces gens qui n’ont pas spécialement accès à des ateliers créatifs donnés par des artistes confirmés.
Opinion
"La Parade, c’est énormément de paperasseries, c’est beaucoup de réunions, de préparation… Autour de la table il y a beaucoup d’associations pour un même projet, il faut négocier, se mettre d’accord, il y a ceux qui sont sérieux et ceux qui le sont moins… Ces derniers ralentissent tout le groupe puisque, dans une Zinnode, on est tous ensemble et on raconte une même histoire."
Rafael Vasquez, coordinateur à la MJ de Ganshoren
C’est une longue histoire. Certaines choses étaient déjà lancées en dehors de la Zinneke, à savoir la réalisation d’un patchwork qui unissait toutes les fêtes de quartier sur Etterbeek. D’ailleurs, au début, notre Zinnode s’appelait "patchwork".
Finalement, au fil des réunions entre partenaires, il a été décidé de travailler sur les notions de dessèchement, de gonflée d’eau, de peuple à la recherche d’eau. Une association partenaire est arrivée avec toute une histoire sur Etterbeek au 19ème siècle. A cette époque, la rivière de Maalbeek allait d’Ixelles jusqu’à Schaerbeek. Plus tard, avec l’urbanisation, elle a été recouverte. Le récit portait sur toute la vie qu’il y avait autour de ce fleuve à cette époque-là et ce qu’il s’est passé quand on a décidé de tout recouvrir ou presque. Notre Zinnode va raconter l’histoire de ces personnes qui ont été privées de ces sources d’eau et qui sont parties à la recherche d’eau, à la recherche d’un paradis d’eau (paradid’H2O). Les personnages seront tirés par de petites ondines qui représentent les esprits de ces sources taries et qui sont là pour rappeler à l’homme que l’eau est essentielle.
Pour créer ces marionnettes ondines, nous avons mis sur pied un atelier ouvert. Celui-ci donne aussi l’occasion aux gens qui ne font pas partie d’une association spécifique de participer à la Parade.
A côté de ça, certaines associations développent leur propre atelier. La Maison des Jeunes "La Clef" par exemple, qui organisait déjà un atelier danse, a demandé que son activité s’intègre dans la Zinneke.
Oui c’est ça. On fait les demandes d’enveloppes via l’ASBL Zinneke qui nous soutient. C’est l’Espace Senghor qui, en grande partie, s’est chargé de rédiger le dossier pour la Zinnode qu’il coordonne. On répartit ensuite l’argent entre tous les ateliers de la Zinnode, en fonction du budget. Mais la Maison des Jeunes "La Clef" avait l’opportunité de faire une demande de subsides auprès du secteur Jeunesse de la Communauté française.
Opinion
"Pour que ce genre d’initiative colle vraiment à la population, il faut une bonne implantation locale, une bonne connaissance du terrain. Et ça, ce sont les partenaires de terrain qui peuvent la donner, et c’est une de nos caractéristiques. Nous avons un contact permanent avec tous les services. Nous savons quelles sont leurs compétences et leurs capacités.
Jusqu’à maintenant, nous avions un rôle central avec un encadrement local. (…) Depuis 2006, l’ASBL Zinneke, régulièrement en proie à des questions internes, à décidé de remettre en cause les partenaires de terrain qui s’occupaient de la coordination comme Infor Jeunes, le Senghor, le Jacque Franck… et de centraliser toutes les activités. (…) Ce qui fait que ces partenaires ont été mis un peu en porte-à-faux par rapport aux différents réseaux qu’ils avaient petit à petit constitués et aux différentes pratiques qui avaient été mises sur pied."
Carlos da Mata, directeur de l’ASBL Infor Jeunes à Schaerbeek
Propos récoltés par V.D.
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 8 mai 2008