Témoignages…

Ce qui motive chacun à se mettre sur son 31…

"On a participé à la Zinneke en 2006. A ce moment-là, les jeunes n’avaient plus vraiment confiance en la MJ. Il fallait que l’on puisse leur prouver qu’il était possible de participer à un événement d’envergure et qu’ils étaient capables de faire quelque chose de grand."
Marylin Liénart, coordinatrice à la MJ Woo à Waterloo

"Pour l’année 2002, c’était plus sous mon influence. J’ai trouvé le projet intéressant, pas en termes de finalités le jour de la Parade le 31 mai, mais en termes d’apprentissages que les jeunes pouvaient avoir. Le décret Maison et Centres de Jeunes nous demande d’en faire des citoyens responsables et actifs et donc ça tombait bien."
Rafael Vasquez, coordinateur à la MJ de Ganshoren

"La Zinneke est un projet qui a démarré avec les appels à projets de Bruxelles 2000, capitale européenne de la culture et Infor Jeunes avait un projet sous le bras de développement local : essayer de relancer le Carnaval local sur des bases plus modernes, plus contemporaines. Infor Jeunes était donc un des partenaires organisateurs de la toute première parade, avec les centres culturels Senghor et Jacques Francq, le Magic Land théâtre et toute une série de petites associations de quartier. Lors de Bruxelles 2000, nous avions même des Japonais qui étaient venus du Japon pour participer à la Parade."
Carlos da Mata, directeur de l’ASBL Infor Jeunes à Schaerbeek

"Ça nous permet d’exploiter autrement le travail que nous faisons. Globalement, Infor Jeunes est un service d’information individuel aux jeunes et à leur entourage. Nous avons pu mettre les associations que nous avions répertoriées durant toutes ces années à contribution sur le terrain.
Nous avons réussi, grâce à la Parade, à créer des synergies concrètes et pas seulement des relations de boîtes aux lettres, de coups de fils épisodiques ou de transmission d’activités.
Des personnes qui avaient une vue un peu lointaine d’Infor Jeunes connaissent mieux ce que nous avons à proposer."
Carlos da Mata, directeur de l’ASBL Infor Jeunes à Schaerbeek

"Ce qui pour nous est le plus important c’est le processus. La Parade elle-même, le spectacle, c’est la récompense de tout ce travail et ce processus de rencontres. La Parade, c’est la délivrance d’autant d’énergie et de travail."
Olivier Cauvain, coordinateur de projets à l’ASBL Zinneke

"Historiquement les cortèges carnavalesques ont toujours été des lieux de socialisation. La plupart de ces types de manifestation ont petit à petit disparu, les contraintes urbaines ont fait que beaucoup de ces manifestations se sont désintégrées avec les années. L’organisation des cortèges et des Parades est, pour nous, une manière de resocialiser le tissu urbain et là, je pense que l’asbl Zinneke est à 100% dessus." Carlos da Mata, directeur de l’ASBL Infor Jeunes à Schaerbeek


Souvenirs, souvenirs…

"En 2006, on était en partenariat avec des associations de Saint-Josse. On voulait choisir la commune la plus pauvre de Bruxelles pour vraiment être en contraste avec Waterloo, une des communes les plus aisées du Brabant wallon. On voulait qu’il se passe quelque chose, qu’il y ait un choc !"
Marylin Liénart, coordinatrice à la MJ Woo à Waterloo

"Je voyais cette parade comme un gros mammouth qui allait se mettre en place à Bruxelles. Je pensais que je n’avais qu’à préparer mon groupe et y aller. Je me suis dit : c’est nickel, tout vient d’en haut, tout va être porté par L’ASBL Zinneke, c’est moins lourd que de préparer moi-même des activités pédagogiques à long terme !
J’avais déjà un groupe de jeunes qui montaient sur des échasses après avoir suivi une formation à l’école du cirque. On a donc détourné cet atelier au service de la Parade. Ce qui m’intéressait c’était que j’allais avoir un groupe qui allait bosser pendant six mois.
Mais c’est beaucoup plus contraignant que ça ! Même si on ne porte pas le projet c’est quand même un gros boulot. Il y a beaucoup de documents administratifs à remettre. Comme on a travaillé avec des artistes, on a dû passer par Smart ASBL… J’ai du apprendre à gérer des dossiers d’emploi à temps partiel..."
Rafael Vasquez, coordinateur à la MJ de Ganshoren

"Malheureusement, en 2006 chacun préparait son truc de son côté. La MJ de Waterloo s’occupait des percussions et de la danse, une autre association s’occupait des costumes, encore une autre de la décoration de char… Les seuls échanges avaient lieu lors des réunions mensuelles entre les différentes associations. Lors des répétitions finales, quand les jeunes de Waterloo ont rencontré les jeunes des autres associations, ça ne s’est pas super bien passé parce qu’’ils n’avaient pas eu le temps de se voir avant.
Cette année, on a décidé de changer le principe. On est en partenariat avec deux associations à Curreghem, à savoir Cyrconflexe et la Boutique Culturelle. On a tous la même optique, c’est-à-dire que l’on veut favoriser les échanges et mettre l’accent sur la qualité plutôt que sur la quantité. Si on n’obtient pas une Zinnode de 100 personnes comme il est prévu dans le cahier des charges de la Zinneke, à la limite, on s’en fout ! L’élément principal c’est tout le travail d’échanges qui va se réaliser avant la Parade."
Marylin Liénart, coordinatrice à la MJ Woo à Waterloo

"On a assisté à des expos de jeunes artistes qui bénéficiaient de l’aide du CPAS (Centre Public d’Aide Sociale). Lors du vernissage, les jeunes de la MJ ont vu des choses peu communes, des choses qui sortaient de la Playstation : un vêtement de femme fait avec des lambeaux de poulets et présenté à l’intérieur d’un frigo, des trucs à connotation sexuelle mais toujours dans l’art. Ça les a interpellés très fort. Toutes ces belles rencontres, je les dois à la Parade."
Rafael Vasquez, coordinateur à la MJ de Ganshoren

"Si chacun fait son petit truc sur le côté et puis que l’on met tout en commun, il y a un problème. C’est un travail collectif et donc, on ne le dispatche pas ! Ce qui n’est vraiment pas évident c’est la communication !"
Marylin Liénart, coordinatrice à la MJ Woo, la Maison des Jeunes de Waterloo

"Tous ne participent pas, non ! Quelques-uns seulement sont motivés au sein de la MJ. L’avantage est que ceux qui participent permettent de créer une réelle dynamique au sein de la MJ et finissent par motiver les autres. Ces derniers ne vont pas spécialement être motivés pour la Zinneke elle-même mais vont peut-être s’impliquer dans d’autres projets au sein de la MJ comme vouloir faire du bénévolat par exemple. Ça donne envie de faire quelque chose et donc, c’est bénéfique pour la MJ."
Marylin Liénart, coordinatrice à la MJ Woo à Waterloo

"Lors des premières éditions, la Zinneke Parade envahissait les boulevards (Bvd. Lemonnier jusqu'à la Place Rogier). Puis, on s'est rendu compte que quelque chose ne fonctionnait pas très bien. Le public était mis comme des spectateurs derrière des barrières Nadars et la Parade ressemblait à un énorme couloir. Il n'y avait pas assez de communication avec le public. Sur la place de Brouckère, les groupes étaient un peu perdus parce qu'ils ne savaient pas occuper cet espace gigantesque.
En 2006, grande innovation, on a créé un circuit dans les petites rues plus étroites du centre ville de Bruxelles. C'était un circuit carrousel. Là, il y avait une proximité plus grande avec le public et quelque chose de beaucoup plus festif, c'était vraiment extraordinaire ! On a donc gardé la formule. Ce que l'on souhaite c'est la réappropriation de l'espace public mais par tout le monde, pas simplement par les participants dans la Parade."
Olivier Cauvain, coordinateur de projets à l’ASBL Zinneke


Et pour cette édition 2008 ?

"Notre volonté est que les jeunes soient beaucoup plus impliqués dans la préparation qu’en 2006. Au-delà de faire un atelier sur les mouvements du corps, il y a aussi, avec très peu de matériaux, tout le travail autour du maquillage et des costumes. On aimerait bien qu’ils puissent s’initier aux techniques de maquillage, se maquiller les uns les autres, créer leur propre costume… Ca permet vraiment de s’initier aux différentes techniques d’expression. Au niveau de la citoyenneté, il faut qu’ils apprennent aussi qu’il n’y a pas que la parole mais qu’il y a aussi tout le reste."
Marylin Liénart, coordinatrice à la MJ Woo à Waterloo

"Comment je me sens dans l’atelier échasses ? En hauteur ! C’est la première fois et ça fait vraiment bizarre ! Les échasses mesurent 1m20 et ce n’est pas évident car je n’ai pas beaucoup d’équilibre. Mais après un moment, j’ai quand même réussi à faire quelques pas. Je me demande vraiment comment je vais pouvoir parader avec un costume par-dessus les échasses…"
Kadija, 21 ans, participante à la Zinneke Parade 2008

"La coordinatrice d’une Zinnode est venue nous trouver et voulait savoir si on voulait participer. On savait très bien que ça n’intéressait pas les jeunes d’aller défiler pour la Zinneke mais bien de filmer la Parade et les préparatifs. Les jeunes de la MJ sont attirés par la vidéo, la caméra, le montage et la Zinneke est l’occasion de mettre tout ça en pratique. On avait alors un thème. Ensuite, on a monté un dossier, cherché des partenaires… on a des liens très forts avec le "50 Woluwe Service", un service de cohésion sociale à qui on a proposé de prendre part à notre projet  vidéo. Ca les a intéressés et ils sont montés dans le bateau !
L’objectif est d’initier les jeunes à la vidéo, en faisant découvrir la face cachée de la Zinneke Parade : qui sont ces gens ? Pourquoi font-ils ça ? A quel rythme ? Comment ?
Durant quatre mois, on a prévu quelques sorties pour aller filmer les préparatifs de la Zinnode et aussi pour enregistrer des sons, avec les  musiciens par exemple. 
Pour moi, le plus intéressant dans ce travail est de pouvoir projeter ce que les jeunes auront filmé. On aimerait diffuser le travail sur une chaîne de télévision. Si on pouvait avoir des images de toutes les Zinnodes, ça serait chouette !"
Abdel, animateur à la MJ l’Antichambre à Woluwe-Saint-Lambert

"C’est la quatrième fois que je parade. C’est magnifique de se dire que l’on participe et que l’on donne de sa propre personne à la réalisation de ce grand spectacle. Pour l’atelier échasses, le plus chouette ce sont les échanges. Si quelqu’un n’y arrive pas, on l’encourage. Chacun arrive à son niveau avec l’entraide des autres."
Nasera, 23 ans, participante à la Zinneke Parade 2008

"Le dernier échange date de quelques jours. Les jeunes de Waterloo sont partis sur Curreghem. On a fait un tour dans le quartier pour qu’ils puissent voir la réalité sociale et le milieu d’implantation de Circonflexe et de la Boutique Culturelle. On a vu ce qui avait déjà été réalisé dans leurs ateliers et ensuite, on leur a montré ce qui avait été réalisé à Waterloo. Cet échange va permettre de déterminer un scénario commun."
Marylin Liénart, coordinatrice à la MJ Woo à Waterloo

"Je ne voulais plus participer à la Zinneke de 2008. Je trouve que c’est trop lourd à porter administrativement parlant. L’argent arrive très tard, et donc, il faut avoir les reins solides en attendant. On investit de l’argent avant même de savoir si le dossier va être accepté. Finalement nous avons décidé de participer à l’édition 2008 mais je ne sais toujours pas si, à l’heure actuelle (le 14 janvier 2008), mon dossier va être accepté par la Communauté française. En attendant, la MJ doit me rembourser mes frais de déplacements pour les réunions, mes appels téléphoniques… Et on ne peut pas attendre la réponse de la Communauté française pour lancer la préparation à la Zinneke parce que l’on ne serait pas prêts sinon ! Ceci dit, j’ai présenté ma candidature trois fois pour recevoir des subsides et on ne m’a jamais refusé, entre autres parce que j’ai acquis une certaine réputation. Mon CA (Conseil d’Administration) me fait confiance. Mais j’imagine une association qui rentre un dossier pour la première fois et qui, en plus, est porté par un jeune directeur qui débarque et qui doit faire ses preuves… le CA va-t-il lui donner carte blanche pour lui avancer de l’argent ? Je ne sais pas !"
Rafael Vasquez, coordinateur à la MJ de Ganshoren

"Cette année on a deux ateliers qui vont participer à la Zinneke : la capoeira et les échasses. On va travailler la chorégraphie et la mise en scène en fonction du thème de l’eau avec, comme partenaires, les étudiants de 5ème et 6ème artistique de l’Athénée Royal de Berchem-Sainte-Agathe. Comme ce sont des publics qui généralement ne se croisent pas, on va créer une mixité et une cohésion sociale autour d’un projet culturel. Il y a aussi des professeurs qui vont s’investir. D’habitude, je gère 15 à 20 jeunes et maintenant, je me retrouve avec 70 jeunes au total ! Tout ceci va créer des synergies entre les jeunes, peut-être même des conflits. Mais le conflit n’est jamais mauvais en soi, c’est un produit d’émancipation et de négociation."
Rafael Vasquez, coordinateur à la MJ de Ganshoren

"Comme c’est désormais l’ASBL Zinneke qui centralise toutes les Zinnodes (il n’existe plus de Pôles), nous n’avons pas pris une partie très dynamique à la création d’ateliers. La Zinnode que nous soutenons va être construite essentiellement à partir du noyau du service jeunesse de Schaerbeek et nous nous sommes cantonnés plus dans un aspect de réflexion, de soutien organisationnel et de construction du projet."
Carlos da Mata, directeur de l’ASBL Infor Jeunes à Schaerbeek

"Je suis étudiante à l’Athénée Royal de Ganshoren. Pour la Zinneke, on doit confectionner nos costumes et construire nos échasses. Une bonne partie de ma classe est inscrite à cet atelier. On rigole entre amis, on se lâche et ça nous permet de sortir du cadre de l’école. On se tape des   délires et c’est important !"
Aurélie, 20 ans, participante à la Zinneke Parade 2008

Propos récoltés par V.D.

Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 8 mai 2008