Quelles seront les priorités du ministre nouvellement en charge de la jeunesse ? Quand les chantiers déjà en cours aboutiront-ils ? Entretien avec Marc Tarabella, ministre de la formation en Région wallonne et de la Jeunesse et de l’Enseignement de promotion sociale en Communauté française.
La ministre de l’Audio-visuel, de la Culture et de la Jeunesse, Fadila
Laanan, quelqu’un de proche, m’a transmis le flambeau en m’éclairant
sur les grands enjeux du moment. La transmission s’est faite de manière
optimale. Je trouve, au contraire, que cette nouvelle répartition est
cohérente puisque, outre la jeunesse, je m’occupe de la formation
et de l’enseignement de promotion sociale, des matières qui concernent
beaucoup les jeunes.
J’ai 44 ans et la cohérence se situe également dans le fait
que j’ai toujours été intéressé par la jeunesse
et que je suis très motivé à l’idée de m’en
occuper.
J’entends beaucoup parler les jeunes et je les entends notamment regretter
que l’avenir a l’air bouché. Or, il y a un message d’espoir
à donner, que ce soit en termes de formation ou en termes de projets
et de soutien à leurs projets. Le message est celui là : quand
vous avez envie de faire quelque chose, croyez surtout en vos possibilités
! Un des grands défis est d’essayer de dégager quelques
moyens pour mieux répondre à des demandes qui sont légitimes,
en rapport avec des projets en cours sur le terrain.
Je ne vais pas remettre en cause ce qui a été mené jusqu’à
présent. Que du contraire ! Il va falloir concrétiser la réforme
du CJEF qui était en route ainsi que celle du décret OJ. Je ne
suis pas un iconoclaste, je n’ai pas pour ambition d’arrêter
ce qui est en cours et qui était prometteur. Je suis très respectueux
à cet égard. Les projets entamés seront menés à
bien, en consultation avec les acteurs concernés.
On disait culture et jeunesse mais on peut dire aussi enseignement de promotion
sociale et jeunesse, formation et jeunesse. En France, ça a toujours
été jeunesse et sport et ça ne les empêche pas d’avoir
des méthodes d’éducation permanente dans le cadre de leurs
activités.
Il y a une grande attente puisque le décret OJ de 1980 est un peu vieillot.
Il y a une volonté du secteur pour que les choses changent et je la sens
! Hugues Bayet et Carlos Crespo ont déjà eu l’occasion de
me briefer là-dessus et je vais m’y atteler ! La jeunesse est une
matière que je considère à égale importance avec
mes autres matières. Il y aura des rencontres avec le milieu avec lequel
je dois faire connaissance. J’aime bien dialoguer mais je veux écouter
d’abord.
Je tiens à rassurer sur le fait que les deux décrets vont être
menés à bien. Si je dois promettre un délai, ce serait
avant les vacances d’été. J’espère une première
version du décret OJ pour le début de l’année prochaine.
En ce qui concerne la réforme du CJEF, je compte proposer quelque chose
avant la fin de l’année.
Je suis un adepte de la simplification administrative. C’est vrai que c’est toujours sympa de le dire mais que c’est plus compliqué de le mettre en œuvre. Quand le temps consacré à l’administration prend le pas sur le temps consacré au développement des activités, il faut se poser des questions. On doit trouver un équilibre. On a plusieurs modèles sur la table.
Le message que je veux faire passer est qu’il faut vraiment que la société
intègre qu’une écrasante majorité des jeunes, c’est-à-dire
environs 97%, sont des gens qui ne créent aucun problème. Il y
a peut-être 3% de délinquants.
Quand on parle des jeunes, et c’est peut-être un mal que l’on
a au niveau de la presse à certains égards, on parle toujours
de ce qui déraille et je le déplore ! Je veux être porteur,
avec les jeunes, d’un message positif qui est de dire que les jeunes sont
avant tout des gens dynamiques qui ont envie de prendre en mains leur futur.
Propos récoltés par V.D.
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 8 mai 2008