L'Union des Etudiants de la Communauté française (Unécof) suit de près l'évolution des débats au sein du Groupe de Travail "culture" du CJEF. De très près même, puisque son Secrétaire général s'y implique fortement. Entretien avec Xavier Dupont.
D'abord, nous voulons que la culture soit plus accessible aux étudiants.
Et particulièrement aux étudiants des Ecoles supérieures
des Arts (ESA).
Il s'agit tout de même de leur formation et de leur futur métier.
Ensuite, il faut permettre la production artistique (et la mise en évidence
de celle-ci) par les étudiants des écoles sup'. Bref la culture
pour et par les étudiants.
Il y a deux ou trois ans, nous avons remis un mémorandum à la ministre Laanan. Nous avons été reçus par son cabinet et avons eu des discussions intellectuellement riches. Mais en substance, je dirais qu'elle fait bouger les choses en culture comme elle le fait pour la jeunesse. Cela n'a donc pas été plus loin dans les faits. Si ce n'est la gratuité dans les musées de la Communauté française un dimanche par mois, qui a été adoptée suite à la remise de notre mémorandum. Et les groupes scolaires peuvent se rendre gratuitement dans les musées dépendant de la Communauté et du Fédéral. Mais l'idéal serait que cela sorte du cadre scolaire (avec une démarche qui serait dès lors plus individuelle que collective). Que chaque jeune puisse bénéficier de cette possibilité.
Tout à fait, c'est le décret "culture-école"1, mais rien n'est prévu pour le supérieur. Le supérieur artistique n'a pas été associé et cela aurait été très intéressant que les ESA puissent former des animateurs culturels. Actuellement, seules les universités peuvent le faire. Le Conseil supérieur de l'Enseignement supérieur artistique a été contacté après que le décret fût finalisé, c'est dire, alors que, dans les ESA, la culture est déjà dans les écoles. Une association entre les ESA et la culture aurait, par exemple, permis aux opérateurs culturels de faire appel plus facilement aux jeunes artistes tandis que ceux-ci auraient bénéficié d'un lancement et d'une vitrine grâce à ces mêmes opérateurs. D'un côté, il y a le concours Reine Elizabeth qui promeut de jeunes talents, de l'autre comment se fait-il que des diplômés du conservatoire, de théâtre, de cirque ne puissent pas se produire à l'Opéra royal de Wallonie, au Théâtre national de Belgique ou ailleurs? Cela injecterait aussi dynamisme et mouvement dans des institutions qui en ont parfois (mais pas toujours) bien besoin.
Il n'est pas possible de répondre, chacun a sa vision personnelle de
la culture. S'il faut vraiment dire quelque chose, et c'est ici un avis qui
n'engage que moi, la culture me fait penser à la mémoire. Une
sorte d'héritage à ne pas oublier, qu'il s'agisse de la mémoire
d'un peuple, d'une nation, d'un village ou encore d'un individu. Le folklore
fait donc partie de la culture. Moi qui suis hennuyer, la fête du Doudou
à Mons, ça appartient à la culture.
Propos récoltés par J.U.
1 Décret du 24 mars 2006 relatif à la mise en œuvre, la promotion et le renforcement des Collaborations entre la Culture et l’Enseignement
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 8 mai 2008