Claude-Etienne Scoriels a participé de bout en bout aux séances du panel 5, le seul panel investi d'un double débat. D'un côté réaliser l'état des lieux et émettre des pistes d'actions en ce qui concerne l'évaluation et le contrôle des OJ (avec toutes les implications que cela pourrait comporter pour la reconnaissance et le subventionnement des OJ). De l'autre, analyser, un an à peine après sa réelle installation, le fonctionnement et le rôle de la Commission Consultative des Organisations de Jeunesse.
Rencontre:
Tout d'abord, je souhaiterais souligner qu'humainement, ces réunions ont été très positives. Au départ, je ne voyais ainsi pas très bien pourquoi les jeunesses politiques et syndicales faisaient partie du secteur. Au fil des échanges, je me suis rendu compte que les activités d'une organisation de jeunesse syndicale étaient autant en rapport avec les OJ qu'avec l'organisation syndicale. On a appris à se connaître.
Du point de vue travail, par contre, c'était un climat bizarre. Les réunions ont permis la prise de parole mais une certaine confusion est née de l'attribution de telle ou telle position. Cela a donné un curieux mic-mac, par moments.
En parallèle, la réflexion que nous avions changeait périodiquement de statut. D'évaluation du décret de 1980, nous sommes ensuite passés à une demande d'émettre des propositions. Pour après revenir à des interrogations. Cela a parfois généré des flottements. Les membres du panel ne savaient plus trop s'ils recherchaient un accord sur des divergences de vue ou s'ils pouvaient se contenter de les exprimer. C'est en fait le résultat d'une démarche positive de l'animateur, qui a tenté d'adapter la méthodologie aux circonstances, et de tenir compte des remarques et du Comité de pilotage et des membres des panels. Fatalement, au fur et à mesure que la méthodologie s'adaptait, elle devenait plus brouillonne. Du coup, j'ai tâché, à mon échelle, de parfois forcer le débat par des prises de positions fortes.
Je me suis opposé fermement à un mode de composition de la CCOJ qui serait calculé sur le nombre de membres des OJ. C'était clairement une position qui n'aurait pas pris en compte la réalité des services.
A mon sens, il était également essentiel d'aborder la co-évaluation. Les OJ bénéficient de subventions de la Communauté française. Je pense qu'elles sont donc redevables vis-à-vis de la CF. Il fallait aborder cette question qui n'est d'ailleurs pas définitivement réglée, loin de là.
Tout à fait, nous nous sommes très vite mis d'accord sur le contrôle des OJ. Par contrôle, on entend le contrôle des éléments quantifiables (localisation du siège de l'OJ, heures de permanences, etc.). Ce n'est pas réellement une polémique. J'ai ensuite soutenu l'auto-évaluation au sein des OJ et l'animateur du panel 5 a réellement permis d'avancer sur ce point. C'est un aspect positif pour tous. Pour les OJ surtout, obligées (mais la plupart ont déjà des processus de ce type) de constamment s'interroger sur la pertinence de leurs actions et de leurs méthodes dans un délai de quatre ans. Je dis bien dans un délai, cela permet à chaque OJ de construire sa propre évaluation à son rythme. Mais il y a, je dirais, un "chaînon manquant" qui n'a que très peu été abordé par le panel alors même qu'il conditionne l'utilité administrative de l'auto-évaluation: comment partage-t-on cette auto-évaluation? En d'autres termes, comment devient-elle un outil permettant à l'Inspection d'évaluer l'impact du travail d'une OJ? Et quelles sont les sanctions en cas d'échec répétés? Ou même, y a-t -il des sanctions? Toutes ces questions ont été évacuées parce que certains ont bloqué, d'autres ont oublié.
En substance, nous avons mis au point un très bon système d'auto-évaluation, mais nous ne savons pas ce qu'il va devenir, passé son utilisation au sein des OJ. Mais c'est déjà pas mal.
Nous n'avons pu que constater nos divergences sur la question. Grosso modo, certains, dont je fais partie, veulent que la CCOJ ne prenne en charge que le sectoriel, son fonctionnement technique et l'implication politique que cela peut générer. Par implication politique, j'entends par exemple que si la qualité de l'emploi ou plus d'emplois sont nécessaires au secteur pour assumer ses missions, la CCOJ pourrait tout à fait réclamer un refinancement de la Communauté française. Mais pas, prenons un autre exemple, que la CCOJ lance un débat suivi de décisions sur la méthode pédagogique que les OJ devraient appliquer. Il faut distinguer l'enjeu politique qui vise à rencontrer un besoin du secteur de l'enjeu politique qui serait plus "idéologique". Mais d'autres souhaitaient que les compétences du CJEF soient quasi transférées à la CCOJ. Nous ne sommes pas arrivés à nous mettre d'accord là-dessus.
Autre point de tension : la composition. Ce n'est pas la composition qui me pose problème, mais le fonctionnement de la CCOJ, s’il est calqué sur l’actuel fonctionnement du CJEF. Il ne serait pas normal d’être incapable, au sein de la CCOJ, de distinguer de manière technique le bon ou mauvais fonctionnement d'une OJ. Des rivalités fortes en son sein ou un "surprotectionnisme" ne peuvent pas entraver la bonne marche de la CCOJ. La CCOJ devrait être au-dessus des OJ et des confédérations, occuper une position "méta" et avoir une éthique de fonctionnement. On pourrait faire appel à l'Administration sur ce point.
C'est effectivement la limite du propos. Mais sur le fond, toujours est-il que la CCOJ doit être la plus objective possible.
Propos récoltés par J.U.
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 8 mai 2008