L'âge du public OJ ne changerait pas, sa composition, oui!

Panel 2: Publics et démarches d'éducation permanente

Christian Bogaerts est directeur du Service d'Information sur les Etudes et Professions (SIEP). A ce titre, il a participé aux travaux du Panel 2. Consacré aux publics et à la participation au sein des OJ, il a rencontré des contradictions sur les sujets sensibles notamment la mixité. Mais toujours dans un esprit de discussion ouverte. Le travail et le positionnement des animateurs n’ont pas été étrangers à ce climat. Permettant à chacun de se situer.


Pour le secteur OJ, la question de l'âge des publics revient fréquemment. Dès quel âge devient-on jeune? Quand ne l'est-on plus?

Dans le panel, diverses perceptions du public à toucher existaient. Des OJ travaillent avec de jeunes enfants, d'autres avec des personnes plus âgées, déjà insérées dans un circuit professionnel, voire dont le métier est précisément un travail avec les jeunes. Dès lors, au lieu de discriminer et de définir une et une seule tranche d'âge pour le public OJ, nous avons fait preuve de tolérance. Il suffisait de se poser la question: "en quoi cela gêne-t-il les autres OJ qu'une association centre ses activités sur telle ou telle tranche d'âge (pour autant que toutes se retrouvent sur un socle commun)"?


D'accord, mais d'autres dispositions, extérieures aux OJ, définissent une tranche d'âge pour le secteur jeunesse. Ainsi, au niveau européen, un jeune c'est souvent entre 12 et 26 ans. Et ici on est dans une situation 5-30...

Premièrement, la tranche 12-26 est un pur choix politique. Si cela ne recouvre pas la réalité des OJ, le terrain, cela ne sert à rien. Nous n'en avons donc pas tenu compte de manière exclusive. Seulement comme tranche de public à titre principal.

Concernant la limite à 5 ans, nous avons pris ce même principe de réalité plutôt que de choix politique. Nous pensons qu'en-dessous de 5 ans, cela concerne un tout autre secteur que les OJ, avec des méthodes adaptées aux moins de 5 ans. Par contre dès 5 ans, grosso modo, au moment de l'entrée dans l'enseignement primaire, il nous a semblé que cette tranche d’âge pouvait relever de la politique OJ. Si, à cet âge, on commence les cours d'éducation civique à l'école, cela montre bien que l'enfant est capable de réfléchir, de participer, de travailler collectivement, de s'éveiller à la citoyenneté. Mais cela ne veut pas dire que l'on impose que les OJ travaillent aussi avec des moins de douze ans alors qu'elles ne s'y destinent pas ou qu'elles doivent refuser des publics adultes. C'est la souplesse qui prévaut. Ainsi, le SIEP travaille majoritairement avec des jeunes adolescents, mais des quadras en quête de réorientationprofessionnelle passent aussi par nous, même s'ils sont peu nombreux.


L'âge du public OJ, mais aussi l'âge des membres des organes de gestion. Qu'est devenu le critère de "participation" exigeant la présence de 2/3 de moins de 35 ans dans les instances de décision des OJ?

Il n'y a pas eu d'accord sur la question, même si ce n'est pas apparu comme une tension forte. Je reste convaincu que dans ce domaine aussi la tolérance reste possible. On ne s'est pas excité sur la question, même si la différence entre services et mouvements est évidente. Pour les
services, des membres du panel ont songé rabaisser le critère à 50%. Pour eux, c'est surtout du bluff ce critère. Le but est de s'y conformer en vertu du décret, pas d'assurer la participation des jeunes de cette manière. Ce n'est pas facile, au SIEP, de trouver beaucoup de jeunes
intéressés par le conseil d'administration (CA). Mais tous s'intéressent à la pédagogie. Et on en parle surtout dans d'autres instances que le CA. Enfin la participation des jeunes chez nous c'est aussi 90% des membres du personnel qui ont moins de 35 ans. Cela insuffle incontestablement un profond dynamisme.

Mais à l'inverse, ce critère est très important pour les mouvements. Il a une utilité de maintien, de reproduction de leur propre structure. Je me demande si nous n'aurions pas pu aboutir à des critères distincts en fonction des catégories plutôt qu'à un seul critère ou un ensemble de critères de participation auxquels chaque OJ devrait se conformer. Il aurait sans doute été utile de discriminer dans le cas présent et d'être plus imaginatif.
Encore fallait-il que la notion de participation fasse l’objet d'une définition globale qui soit partagée, ce qui n’a été le cas dans aucun panel semble-t-il. Et cela constitue donc une faiblesse de nos travaux. Le panel 2 a relevé cette carence ce qui a motivé sa proposition de voir reprendre par la CCOJ, par exemple, cette tâche de définition.


Autre débat au sein du panel: la mixité. Doit-on forcer le mélange des genres, des origines sociales ou ethniques au sein des OJ?

C'est un sujet très sensible. Je le perçois comme pouvant être très facilement instrumentalisé et il recouvre beaucoup d'aspects notamment institutionnels et financiers. Et nous n'avons pas voulu régler cette question de manière dogmatique. On ne peut pas la décréter. Et puis, est-ce que la mixité à tout crin est positive? Je ne le pense pas, et le panel non plus. Des filles peuvent trouver un certain plaisir, voire éprouver un besoin d'être parfois entre elles. Idem pour des garçons, d'ailleurs. Mais il faut tout de même imposer que les OJ tendent vers la mixité, y compris dans leurs structures. Ça peut jouer un rôle important en terme d’identification.

Concernant plus spécifiquement la mixité "ethnique", nous avons été prudents et nous n'avons pas poussé très loin. D'un côté, la rencontre entre jeunes d'un même groupe s'avère indispensable pour des jeunes, notamment d'origine étrangère. Mais d'autre part, il ne faut pas verser dans un communautarisme ou un corporatisme avec pour prétexte la rencontre.

Enfin, d'autres mixités ont été citées sans avoir fait l’objet d’une réflexion particulière. Le délai de réalisation des panels était très serré.

Propos récoltés par J.U.

Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 8 mai 2008