Coordinateur de l'Observatoire de l'Enfance, de la Jeunesse et de l'Aide à la Jeunesse, Benoît Parmentier a activement travaillé à la mise en place des panels et au bon déroulement de ceux-ci.
Depuis sa modification en 2004, le décret du 20 juin 1980 prévoit des mécanismes d'évaluation du secteur. Si les modalités d'application de cette évaluation dépendent du Gouvernement, il revenait à l'Observatoire de l'Enfance, de la Jeunesse et de l'Aide à la Jeunesse (OEJAJ) et à l'autre Observatoire, celui des Politiques culturelles (OPC), de piloter le processus en concertation avec la CCOJ1. Concrètement, la Ministre Fadila Laanan a déposé auprès du secteur une feuille de route en janvier 2006. Dans ce cadre, tout le processus d'évaluation du décret et d'élaboration de recommandations a pu se mettre en place. Avec pour première étape, la définition des orientations de la Ministre en février 2006.
Comme je l'ai dit, la CCOJ devait également être associée. Aussi, un Comité de pilotage a été créé, qui regroupait les représentants de la CCOJ, d'un côté et ceux de la Ministre, des Observatoires, du Service de la Jeunesse et de l'Inspection, de l'autre. C'est ce Comité de pilotage qui a arrêté la méthode de travail, les thématiques à analyser (qui ont donné les cinq panels par la suite), etc.
Effectivement. Les Observatoires ont proposé, et le Comité de pilotage a marqué son accord, de faire appel à l'Agence Alter et au Centre d'Etudes sociologiques des Facultés Saint-Louis.
Pour Alter, il faut savoir que cette agence se structure en deux départements, celui des publications et celui de la recherche. Il y avait donc une double raison à leur collaboration: leur expérience au niveau rédactionnel, notamment en vue de l'élaboration du rapport final, et celle en matière de recherche, déjà éprouvée avec efficacité par le passé. Pour sa part, le Centre d'Etudes sociologiques a développé une méthode permettant la participation de tous via des récits exploratoires. La méthode avait déjà été éprouvée scientifiquement (ndlr: notamment pour les consultations des enseignants en 2004) et convenait très bien à l 'exercice d'évaluation et de recommandations que nous allions devoir engager dans chacun des panels.
Tout est donc petit à petit mis sur pied, les cinq panels se réunissent dès le mois d'avril, mais des problèmes surviennent… notamment concernant les délais.
A la fin du mois de juin, il a été fait état en Comité de pilotage de la difficulté de travailler dans des délais aussi courts. Par exemple, les membres des panels demandaient des informations ou des données extérieures qu'il n'était pas toujours possible de leur fournir rapidement, les comptes-rendus de réunions ne pouvaient pas toujours être rédigés dans les délais, etc. Alors que le processus reposait sur la transparence et la confiance entre Observatoires, chercheurs et OJ, ces soucis risquaient bien évidemment de l'écorner. Rapidement également, les membres des panels ont exprimé le souhait d' obtenir des informations sur l'évolution des travaux dans les autres panels dont les réunions se tenaient en parallèle. Des transversalités s'avéraient, en effet, essentielles pour pouvoir avancer dans certains domaines.
Enfin, dans un ou deux panels, les membres ont fait part de leurs inquiétudes, en partie dues aux raisons évoquées ci-dessus, mais aussi sans doute parce qu'ils ne voyaient pas clairement où on allait et ce que l'on ferait de leur parole. Une mise au point a été nécessaire pour pouvoir reprendre le travail sereinement.
L'équipe d'animation (animateurs et rapporteurs des panels), à la demande du Comité de pilotage, a en fait ajouté une séance supplémentaire au cinq prévues initialement pour chacun des panels. C'était certainement une bonne chose. Mais inversement, j'ai la ferme conviction qu'il n'était pas utile de prendre trois ou quatre mois de plus. En effet, même si le temps nous a manqué pour travailler sur les transversalités entre panels, nous avons pour l'essentiel pu faire le "plein" en termes d'évaluation et de recommandations. Nous avons acté les convergences et les divergences. Aller plus loin, arbitrer un désaccord, relève de la négociation, et là ce n'était plus notre mission.
L'évaluation du décret par les OJ ne s'est, en effet, pas déroulée dans un contexte complètement indépendant, puisque la feuille de route prévoyait bien une succession d'étapes. Après le temps de l'évaluation et des propositions, il allait y avoir celui de la négociation pour aboutir en janvier 2007 à un nouveau décret. Il est sûr que cela a dû jouer, que certaines pistes de réflexion ont dû être teintées des hypothèses de négociation. Mais ça n'a pas immobilisé le processus pour autant. Le "jeu" a réellement été ouvert, c'est en tout cas l'impression que m'ont laissée les participants tout au long des séances. Les panélistes se sont entièrement impliqués dans le processus, sans réserve et certains ont exprimé leur satisfaction d'avoir pu mieux cerner les préoccupations de leurs voisins.
En ce qui concerne les Observatoires, le travail est terminé depuis la phase de validation du 8 novembre. Nous ne sommes évidemment pas partie prenante de la négociation, tout en restant disponible pour les acteurs qui la mèneront. Le rapport est disponible sur le site de l'OEJAJ.
Propos récoltés par J.U.
Plus d'infos: www.oejaj.cfwb.be - www.alter.be - www.fusl.ac.be/
1 Ndlr: en pratique, cela n'a toutefois pas empêché Fadila Laanan de confier une première évaluation sans passer par les Observatoires. Les résultats jugés peu convaincants par de nombreuses OJ sont aussi une des raisons de la création des panels.
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 8 mai 2008