Le CJEF (Conseil de la Jeunesse d’Expression française) peut remettre un avis sur tout ce qui concerne de près ou de loin les jeunes en Belgique francophone. En tant qu’organe de participation des jeunes, relaie-t-il la parole de tous ? Entretien avec Alexandre Azer-Nessim, Secrétaire général au CJEF.
La question de l’enfermement des mineurs était une des préoccupations du CJEF pour son mémorandum fédéral en 2007. Par rapport à l’accueil général des primo-arrivants, la thématique n’est effectivement directement abordée dans aucune des commissions actuellement.
Si le rôle du CJEF est de se préoccuper de ces jeunes, je ne suis pas certain que ce soit vraiment le rôle du CJEF de s’attaquer à cette question. Politiquement, c’est une question que l’on doit prendre par un angle plus large que le seul angle "jeune".
Beaucoup d’Organisations de Jeunesse accueillent un public de primo- arrivants, d’étrangers… Je pense donc que la question est abordée à travers le travail mené par les animateurs de ces organisations, au sein des écoles de devoirs, dans les centres de jeunes…
C’est une question que je trouve importante et que j’aimerais bien traiter plus avant. Mais il est difficile de trouver un angle bien précis d’attaque pour cette question qui est politiquement très sensible.
A travers la réforme du CJEF, l’intention du ministre Tarabella est d’ouvrir cet organe à des jeunes non-organisés (qui ne font partie d’aucune association) qui seront sans doute sollicités en fonction de thématiques précises.
Au sein du Vlaams Jeugdraad en Flandre (l’équivalent du CJEF en Communauté flamande), il y a un suivi énorme mais aussi des moyens plus importants pour faire participer les jeunes non-organisés. Le jeune qui ne fait pas partie d’une structure associative ne représente que lui-même, il lui est donc difficile de trouver des endroits où il peut continuer à alimenter le débat. Le Vlaams Jeugdraad s’est rendu compte que ces jeunes non-organisés étaient de moins en moins présents par manque de motivation, de suivi ou parce que le cheminement d’un jeune peut très vite changer. Ils ont donc mis en place une dynamique pour les motiver le plus possible à garder leur place au sein du Conseil d’administration du Vlaams Jeugdraad.
Par contre, un jeune qui vient d’une Organisation de Jeunesse et qui se rend à une réunion du CJEF peut revenir dans son Organisation de Jeunesse et continuer à alimenter le débat car il y a un travail qui peut se faire en commun.
La difficulté par rapport au public étranger qui vient d’arriver est de savoir comment on va le toucher. Ces jeunes ont déjà un tas de choses prioritaires à régler simplement au niveau administratif et le simple fait de se retrouver dans notre société n’est pas simple non plus.
Il y a la question de principe où effectivement le CJEF doit s’ouvrir à ces jeunes d’une manière ou d’une autre. Actuellement, le Conseil défend une parole jeune qui essaie d’être la plus large et la plus fédératrice possible mais vu son hétérogénéité, il serait présomptueux de dire qu’on représente toute la jeunesse ! Par contre, on défend les intérêts de toute la jeunesse. C’est différent.
Le défi est d’intégrer la jeunesse non-organisée à nos travaux. L’intégration des mineurs étrangers qui viennent de débarquer sera peut être une des étapes à franchir au sein du futur Conseil.
Propos recueillis par V.D.
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 6 octobre 2008