…Mais c'est beaucoup. Membre de la COJ, la Fédération des Maisons de Jeunes (FMJ) participera à la campagne médiatico-politique de la Plate-forme Globale Jeunesse. Thierry Leflot, coordinateur de projets de la FMJ à Bruxelles, nous détaille le "pourquoi" et le "comment".
Institutionnellement, nous y avons tout simplement été conviés par la Commission Consultative des Maisons et Centres de Jeunes. Mais au-delà de cet aspect formel, nous avions aussi constaté que les réponses politiques après la mort tragique de Joe van Holsbeeck stigmatisaient une fois de plus la jeunesse et qu’elles ne correspondaient pas du tout aux pratiques en œuvre dans notre secteur… D'où notre investissement dans la Plate-forme.
C'est tout simple, les maisons et centres de jeunes, ne sont en fait pas du tout pris en considération. Ne pas être pris en considération, cela va plus loin qu'une absence de concertation officielle. Ça touche d'abord les jeunes qui souffrent énormément d'une médiatisation donnant d'eux une image tronquée et négative. Ça touche aussi à nos pratiques qui ont été et sont ignorées. Nous travaillons à une échelle locale, sur du long terme et sur base d'une pédagogie de projet. C'est donc peu visible, cela demande de faire confiance à la capacité d 'émancipation et de création des jeunes.
Les réponses politiques nous donnent plutôt le sentiment inverse… Nous assistons à un renforcement des politiques répressives et strictement préventives qui stigmatisent à nouveau les jeunes dans la délinquance, la violence, l’irresponsabilité, l’incivisme et qui ne visent qu’à les rendre consommateurs d’activités. Les Maisons de Jeunes (MJ) se chargeraient de fournir ces activités et puis basta. Un peu comme si leur donner de l'occupationnel allait empêcher les jeunes de faire des conneries. En fait, nous deviendrions un outil répressif, consumériste, soit l'inverse de ce que nous sommes.
On ne va pas créer des événements artificiels, mais plutôt mettre en avant ce qui existe déjà, les pratiques quotidiennes des MJ. Voire, simplement montrer que nous existons, ce que tout le monde ne sait pas. Il est important de faire découvrir des lieux qui accueillent des jeunes, tous les jeunes qui le souhaitent. Qu'après les cours, des jeunes encadrés par des professionnels, développent leurs talents, s’expriment, vivent ensemble. Nous voulons montrer que dans 160 lieux de la Communauté française la jeunesse est simplement accueillie, écoutée… et que miser sur leurs potentialités est certainement plus porteur à long terme que d’imaginer un système occupationnel, répressif et simpliste basé sur cette "peur" du jeune bien orchestrée par les médias et le développement des politiques répressives.
De nos pratiques naissent des projets collectifs porteurs de valeurs telles que la convivialité, la citoyenneté, le respect de chacun et des choses… Les jeunes sont acteurs de leur propre vie et de celle des autres. C’est pas un beau défi, ça? Voilà c'est ce que nous ferons: pas plus que d'habitude. Mais c'est beaucoup…
Propos récoltés par J.U.
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 8 mai 2008