Halte au sécuritaire!

Point de contact école-police, stage parental, absentéisme = criminalité… la liste est longue, hélas. En réaction à cela a été créée la "Plate-forme Globale Jeunesse" dont le CJEF est membre. Entretien avec Carlos Crespo, son président.


Quand la Plate-forme Globale Jeunesse s'est-elle constituée?

La plate-forme est née en juillet 2006. Nous voulions réagir à l'emballement médiatique et à l'hystérie politique liés à la mort de Joe Van Holsbeeck. Avec les jeunes, nous sommes les principaux concernés par un tas de mesures sécuritaires et on ne nous a jamais demandé notre avis. Nous voulions et nous voulons être reconnus comme interlocuteurs.


"Nous"?

Nous, ce sont les organisations de jeunesse, les SPEP1, les Maisons de Jeunes et leurs fédérations, la Fédération interprofessionnelle de l'Aide à la Jeunesse, le CJEF, la COJ... En fait, tout le secteur jeunesse. Et l'avoir réuni est une première.


L'emballement médiatique et l'hystérie politique, c'est un peu flou, non?

Non. On peut constater la signification, le poids de ces mots, tous les jours. C'est la construction d'une nouvelle prison pour jeunes à Florennes, c'est le stage parental, imposé par Laurette Onkelinx et Catherine Doyen-Fonck dont personne ne veut, c'est considérer comme criminels des élèves de 15 ans qui brossent leurs cours de gym pour aller se balader dans un centre commercial. C'est encore le recours à la prise d'empreintes digitales dans une école liégeoise. Ou la dernière sortie d'Armand De Decker visant à placer les mineurs délinquants dans les casernes. Il faudra qu'on nous explique en quoi les paras pourraient être des éducateurs. Bref ça n'arrête pas.


Face à cela, quelles sont les actions de la Plate-forme?

Au départ, nous étions surtout un lieu d'échanges entre les différents acteurs. Nous poursuivons cette démarche et sommes passés à la vitesse supérieure. Du 26 au 31 mars, la Plate-forme organisera une campagne médiatique et politique. L'objectif est double. Premièrement, nous voulons sensibiliser les médias et nos responsables politiques. Il est d'ailleurs déplorable que la ministre Laanan ne se soit pas positionnée une seule fois sur le sécuritaire et la politique de jeunesse. Regrettable aussi que la Communauté française ne réagisse pas à la précarisation croissante des jeunes. Deuxièmement, il s'agit de montrer ce que font les acteurs du secteur jeunesse et les jeunes eux-mêmes. Ce sont eux qui se mettront en avant lors de cette semaine.


De quelle manière?

Ce ne sera pas du sensationnalisme. Au contraire, il s'agira de faire découvrir le quotidien: les activités et les projets des jeunes fourmillent quand on y regarde d'un peu plus près.

Propos récoltés par J.U.


1. Service de Prestation Educative et Philanthropique: les SPEP ont pour mission d'apporter une réponse éducative à la délinquance juvénile (voir article)

 

Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 8 mai 2008