Sélection, diagnostic, opération. Des citoyens invités à booster la santé de leur quartier ! Entretien avec Myriam Hilgers, attachée à la direction rénovation urbaine à la Région de Bruxelles-Capitale.
Ces contrats de quartiers sont des programmes de rénovation des quartiers en difficulté à Bruxelles, à savoir les quartiers pauvres ou les quartiers où le bâti est ancien. On intervient à la fois sur la rénovation du logement et sur l'espace public au sens large, c'est-à-dire les rues, les trottoirs, les plaines de jeux, les parcs, les jardins pédagogiques…
Il y a également un volet "cohésion socio-économique". La première partie de ce volet consiste à créer de petits équipements de quartiers en fonction d'un diagnostic, comme la création de petites salles de sport, de crèches, de salles polyvalentes... L'autre partie, plus axée sur l’aspect social, économique et culturel, consiste à subsidier une activité sur une durée de quatre ans qui est aussi la durée d'un contrat de quartier. La Région donne un subside aux communes pour réaliser ses programmes. Elle a donc une mission d'accompagnement. Les communes introduisent une demande auprès de la Région qui choisi quatre quartiers chaque année. Les contrats de quartiers existent depuis quinze ans et nous avons, à l'heure actuelle, une cinquantaine de périmètres qui ont déjà été couverts par ces programmes.
Comme les moyens de la Région sont limités, il faut fixer des priorités. La participation des citoyens dans le cadre de ces contrats se fait via les CLDI (Commission Locale de Développement Intégré), une sorte de comité d'accompagnement qui se met en place dès l'élaboration du programme et qui est composé d'habitants, d'associations de quartiers, de représentants de commerces... Cette commission va suivre le programme durant quatre ans, dès la phase d'élaboration. Ce dispositif n’existe que pour les contrats de quartiers, ailleurs la participation dépend des initiatives communales.
Il y a au moins deux ou trois réunions publiques par an où tout le monde peut être informé sur les projets au sein de l'espace public. Les personnes qui veulent être plus actives peuvent rejoindre les CLDI. L'espace public est une des matières pour laquelle il y a le plus de participation, notamment au sein de groupes de travail autour de cette thématique.
Elles participent à son élaboration. Les habitants sont invités à poser un diagnostic, en marchant dans les rues par exemple. Il y a également des ateliers thématiques qui peuvent être organisés pour que chacun puisse s'exprimer à propos de son quartier. Les habitants font ensuite des propositions qui sont transmises à un bureau d'étude (composé d'urbanistes, de sociologues...) qui devra se prononcer sur la faisabilité de ces propositions. Pratiquement partout et de façon intensive, les habitants sont impliqués pour donner leur avis.
On a eu l'exemple d'un appel à idées, c'est-à-dire un "toute boîte" qui permettait aux habitants de formuler tout ce qu'ils souhaitaient pour leur quartier. Le bureau d'étude et la commune voient ensuite ce qui est acceptable ou pas.
Les jeunes restent les grands absents de ces CLDI. Les modalités d'organisation de ces réunions (horaires en soirée...) visent plutôt les adultes. Dans le cas où des opérations concernent directement les jeunes, on leur demande leur avis mais ce sont des actions spécifiques, en cours de programmes.
Ce n'est donc pas prévu formellement puisque l'on ne vise pas de public en particulier. L'intérêt des contrats de quartiers est qu'à priori, tout est possible. Ca sera donc en fonction de ce que chacun souhaite et a envie de porter.
On s'adresse alors à la commune. Mais je n'ai pas le sentiment qu'il y ait beaucoup de commissions consultatives pour les jeunes dans les communes. C'est plutôt au cas par cas ou via des relais associatifs. L'échevin de la jeunesse reste un des interlocuteurs privilégiés pour ce genre de demande.
L'IBGE, qui gère toute une série d'espaces verts régionaux dont des plaines de jeux, a mené une étude pour savoir comment faire évoluer le concept de plaine de jeux et identifier les besoins. Parmi leurs priorités, l’IBGE a le projet de créer une aire de jeu à l'échelle régionale le long du canal ; ce qui manque vraiment à Bruxelles.
Les plaines qui appartiennent à la Région sont encadrées par des gardiens qui entretiennent les espaces verts mais qui ont aussi un rôle d'animation pour les jeunes.
Il y a souvent un manque de connaissance du quartier. Quand on se lance dans le processus d'un contrat de quartier, on découvre un tas de choses. Parfois, ce n'est pas une question de manque dans le sens où il faut créer de nouveaux espaces mais c'est plutôt imaginer les espaces autrement. C'est gérer de façon plus performante ce qui existe déjà. Par exemple, je vois des quartiers où il y a très peu d'espaces publics pour les enfants. Or, on a des cours d'écoles qui sont tout à fait inoccupées en soirée. Si on pouvait trouver une façon d'ouvrir ces cours pour récupérer des espaces hors voiries, ça serait intéressant. Mais il y a encore tout un travail à mener pour convaincre les directions d'écoles d'accepter ce genre de projet. C'est une initiative que l'on pousse.
Propos recueillis par V.D.
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 22 janvier 2010