La jeunesse des grands classiques

Aquelle sauce mangent-ils les grands sujets d’actualité ? Tout dépend de la famille dans laquelle ils ont grandi ! Voici un bref tour d’horizon politique par le prisme d’une jeunesse aux couleurs de ses aînés.  

 
Quel constat faites-vous en ce qui concerne la participation des jeunes dans la politique ?

Autant nous avons connu une augmentation du nombre de nos militants au sein du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), autant je pense que, de manière générale, au sein de la jeunesse, l’intérêt pour le monde politique se perd. Une de nos missions première est de réintéresser les jeunes à la politique. Que l'on me cite une chose dans laquelle la politique n’interfère pas, n’intervient pas, ne participe pas. Si ce n’est l’amour, la politique est partout ! Il reste donc important que les jeunes s’intéressent à la politique, c’est leur avenir !

    ->  Nicolas Sools, président du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes)

 

Parmi les jeunes Ecolo, certains s'investissent dans la politique des grands, au sein d'un parti. La plupart de nos membres sont actifs dans des associations et, parmi eux, certains sont très militants, très engagés.

De façon plus générale, je pense que l'approche que les jeunes ont de la politique ou de la participation est assez semblable à ce que l'on rencontre chez les adultes où une certaine distance s'est créée entre la politique et le citoyen. Chez les jeunes Ecolo, un de nos objectifs est de rapprocher le jeune de la politique en général.

Nous avons mené une action à Mons, par exemple, autour du logement et de la volonté de le rendre plus accessible à un plus grand nombre de personnes, quel que soit le type de revenus. Nous sommes allés à la rencontre des jeunes pour discuter avec eux de la situation actuelle et des solutions possibles pour améliorer les offres de logements. Nous voulions leur montrer qu'ils peuvent participer à cette dynamique de changement d'autant plus que ça les concernait directement.

Mais il est certain qu'il n'y a pas assez d'espace de parole pour les citoyens en général et pour les jeunes en particulier dans les prises de décisions. Combien de jeunes participent au conseil communal des enfants par exem-ple ? C'est toujours une certaine partie des jeunes issus d'une certaine classe de la population. Même si c'est mieux qu'avant, c'est à améliorer !

    ->  Christophe Dubois, président des jeunes Ecolos

 

En ce qui concerne les jeunes cdH, nous avons l’occasion de nous exprimer. Mais, de manière générale, l’influence des jeunes par rapport à l’évolution du monde n’est pas suffisamment importante. J’ai peu entendu les jeunes s’exprimer par rapport à la crise financière par exemple. Ca ne veut pas dire qu’ils ne l’ont pas fait, mais on constate que le discours qui est passé est celui des "experts" vu la complexité des choses.

La force de frappe des jeunes de manière à être écoutés n’est pas extraordinaire. On n’est pas dans un mouvement de type mai ‘68 où les impulsions pour changer la société venaient des jeunes eux-mêmes.

    ->  Rodolphe Sagehomme, président des jeunes cdH

 

Dresser un bilan ce n’est jamais simple. Cela varie vraiment d’une Région à l’autre et il faut voir comment c’est évalué. Si on tient compte uniquement de la présence des jeunes sur les listes électorales, nous n’avons aucune leçon à recevoir en Région wallonne car nous avons eu énormément de jeunes candidats aux élections qui ont tous fait de très bons scores et sont sortis du lot. C’est très encouragent pour l’avenir. Par contre, c’est vrai que l’on a eu un vrai problème concernant la présence des jeunes sur la liste en Région bruxelloise.

Mais de manière plus générale, nous avons du mal à intéresser les jeunes à la politique parce que le côté complexe de notre système institutionnel est un frein majeur à la participation. Les jeunes ne comprennent pas que le premier parti n’est pas au pouvoir, ils ne comprennent pas que le candidat ayant le plus gros score n’est pas bourgmestre… Au niveau des jeunes MR, nos plus grands concurrents ne sont pas les jeunes Ecolos ou le MJS mais bien la play-station, le tennis ou le football. Tous les scandales qui ont eu lieu au sein de la politique n’en donne pas une bonne image non plus. Au niveau marketing, ce n’est pas une bonne force de vente !

    ->  Gautier Calomne, président des jeunes MR

 

Entre les jeunesses politiques et leur parti-mère respectif, qui influence qui ?

Je pense que c’est un subtil équilibre. Mais de manière générale, nous voudrions avoir plus d'influence sur le parti. Etant donné les problèmes qu'a connus le PS ces dernières années, il se doit d'être plus à l'écoute des jeunes. Il ne peut plus se permettre de renier sa jeunesse même si ça n’a jamais été l’objectif du parti socialiste.

    ->  Nicolas Sools, président du MJS

 

Au moment de la rédaction des programmes politiques en vue des élections de juin dernier, les jeunes Ecolos ont eu des contacts très rapprochés avec le parti pour faire des suggestions ou des ajouts dans le programme, changer certaines appellations... Nous avons été particulièrement attentifs à faire entrer dans le programme d'Ecolo les principales revendications de la plateforme ResPact avec lesquelles nous étions d'accord.

    ->  Christophe Dubois, président des jeunes Ecolo

 

Un accord semble avoir été trouvé pour la régularisation des sans-papiers. Les centres fermés feront-ils toujours partie de cet accord ?

Je suis toujours choqué et outré de voir que l’on emprisonne des gens dont le seul délit est de vouloir venir en Belgique pour avoir une vie meilleure ou parce qu'ils sont persécutés dans leur pays. Ce qui est encore plus choquant, c’est la présence d’enfants dans ces centres fermés. On nous avait pourtant promis que cela ne serait plus le cas. Je suis Liégeois et j’habite non loin du centre fermé de Vottem qui ressemble fortement à la prison de Lantin.

Je tiens quand même à rappeler que le PS, le MJS et les sans-papiers eux-mêmes n’ont jamais demandé une régularisation massive. La seule chose qu’ils demandent, et c’est bien légitime, c’est d’avoir des critères clairs et précis.

    ->  Nicolas Sools, président du MJS

 

Nous n'avons pas une position différente de celle d'Ecolo. Pour nous, les centres fermés devraient être beaucoup plus fermés, c'est-à-dire qu'ils ne devraient plus exister du tout. On enferme les gens comme s’ils étaient des prisonniers ou des délinquants alors qu'ils veulent simplement améliorer leurs conditions d'existence ou sauver leur vie.

    ->  Christophe Dubois, président des jeunes Ecolo

 

Là-dessus, nous sommes en phase avec ce que dit le MR. Plus globalement, au niveau de la politique d’immigration, nous ne voulons pas une politique collective mais bien une politique au cas par cas. Tenir compte du passé de chaque demandeur d’asile, il est évident que cela prend du temps. Mais c’est un système assez pervers et certains jouent avec cela.

Maintenant, à propos des centres fermés, nous disons qu’il faut beaucoup plus de centres ouverts, voire semi-ouverts. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une prison mais d’un contrôle de l’accès à l’entrée et à la sortie. Nous disons principalement qu’il faut y loger les familles pour éviter qu’il y ait des ruptures au sein de celles-ci. Il ne faut pas diaboliser ces centres semi-ouverts ! A Aywaille, il y a des enfants qui ont le sourire. Ce sont bien évidemment des conditions difficiles étant donné ce qu’ils ont vécus mais, de manière générale, je n’ai jamais trouvé ça inhumain.
Il y a des possibilités de créer des centres semi-ouverts ou semi-fermés, tout dépend si on voit le verre à moitié-vide ou à moitié-plein. Mais, si on prend l’exemple de cas de récidives, c’est-à-dire des personnes seules que l’on a déjà reconduits trois ou quatre fois à la frontière, elles doivent être envoyées dans un centre fermé. Pour nous, il n’y a pas de problème majeur à ce sujet.

    ->  Gautier Calomne, président des jeunes MR

 

Un budget de 400.000 euros a été dégagé par Philippe Courard, Secrétaire d'Etat à l'Intégration sociale et à la lutte contre la Pauvreté, pour un appel à projets de lutte contre la pauvreté. On propose encore une fois des solutions curatives mais les conditions qui créent la pauvreté, elles, ne bougent pas.

C’est une initiative PS, en effet, mais ce n‘est pas pour cela que l’on fait ce que l’on veut. On n’arrive jamais à faire passer l’ensemble de son programme après les élections. En Belgique, nous sommes les champions du monde de la négociation, et donc, le PS ne sait pas aller aussi loin que ce qu’il voudrait. Mais les avancées en termes social sont garanties par le PS. Il est le garant de cette ligne rouge et va maintenir cette notion de solidarité, de sécurité sociale.

Maintenant, il est clair que ce n’est pas avec des mesures "one shot" que l’on va régler le problème de la précarité et de la pauvreté. C’est un autre volet pour lequel le PS travaille énormément et qui touche entre autres à l’économie et à l’emploi. Le PS tente, par exemple, de redynamiser la Région wallonne qui était sur le déclin et qui, grâce entre autres au plan Marschall, est en train de redécoller et de se reconstruire sur des bases saines. C’est sur le long terme que l’on va pouvoir combattre cette pauvreté qui est la finalité de toute une série de dysfonctionnements et d’une mondialisation des crises économiques. A tous les niveaux du pouvoir, il y a des choses à faire pour avoir une société plus juste et plus équitable.

    ->  Nicolas Sools, président du MJS

Propos recueillis par V.D.

 

Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 14 octobre 2009