Ce qui différencie Ecolo des trois autres partis, c'est qu'il n'est pas productiviste. Ecolo ne lie pas directement l'amélioration du bien-être à l'augmentation de la production. On voit que ce n'est pas parce qu'un pays a un énorme PIB que les gens vivent particulièrement mieux. Avant la crise financière, les Etats-Unis avaient un taux de chômage très bas mais ce n'est pas pour ça que les gens vivaient mieux. C'est en rognant sur les conditions de travail, les conditions sociales et sur les droits des individus que les Etats-Unis ont augmenté leur activité économique et leurs richesses. Et donc, ce n'est pas en augmentant les richesses que l'on va augmenter le bien-être.
-> Christophe Dubois, président des jeunes Ecolo
Ce n’est certainement pas une adhésion au système capitaliste, que du contraire ! Le cdH, en sa qualité de parti humaniste, mesure particulièrement bien les travers de ce système, que ce soit en matière d’impacts sociaux ou environnementaux. Même au niveau économique, on considère qu’il doit y avoir d’autres voies pour garder un modèle économique compatible avec le développement durable. Que ce soit pour le PS, pour Ecolo ou pour le cdH, je ne pense pas qu’il y ait d’adhésion au capitalisme mais c’est dans ce cadre-là que le fonctionnement international se fait actuellement. Ca fait partie de la donne, il faut en tenir compte. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne cherche pas à changer de modèle !
-> Rodolphe Sagehomme, président des jeunes cdH
Il faut être prudent quand on diffuse un message politique. Quand on parle de décroissance, ça peut faire très peur aux gens. Ils pourraient lier la décroissance à des récessions économiques comme le licenciement des travailleurs, la faillite des entreprises, l'augmentation de l'impôt... Je pense qu'il faut arriver à dissocier tout ça.
Dans le programme économique d'Ecolo, on recentre l'économie sur les petites entreprises de réparation par exemple. Si on répare les téléviseurs, on va en fabriquer moins. Ca rejoint un peu le discours sur la décroissance.
Il y a cinq ans seulement, quand on parlait d'économie verte, Ecolo passait pour un parti tout à fait hurluberlu puisqu'il parlait d'investir des centaines de millions dans les énergies renouvelables, dans l'isolation des maisons... Et maintenant que voit-on ? Que la déclaration politique des gouvernements bruxellois et wallon est basée notamment sur le déploiement de l'économie verte.
-> Christophe Dubois, président des jeunes Ecolo
On a pas mal travaillé sur la question de l'alimentation parce que c'est une demande de nos membres avant tout et parce que l'on est dans une aberration du système de production et de distribution de l'alimentation. N'est-il pas aberrant de financer des cultures qui sont destructrices ? Chez les jeunes Ecolo, on a beaucoup travaillé sur le concept du "slow food", sur la manière de favoriser les productions locales, respectueuses de l'environnement, sur la consommation de viande...
-> Christophe Dubois, présent des jeunes Ecolo
Avant tout, la première intention qui a été déclarée par les gouvernements wallon et bruxellois est d'avoir une politique coordonnée en matière de mobilité. Le fait qu'il y ait un ministre de la mobilité wallon qui développe une politique tout à fait indépendante du ministre de la mobilité bruxellois est un peu aberrant. Il suffit d'être présent le matin ou le soir aux abords de Bruxelles pour voir que les automobilistes et les gens qui prennent les transports en commun ne s'arrêtent pas à la différence de gouvernement.
Ce que l'on souhaite avant tout pour la ville, c'est repenser l'aménagement des voiries pour que tous les modes de déplacement puissent être mis sur un même pied d'égalité.
Evidemment, c'est fort impopulaire de réduire cette sacré liberté de l'automobiliste de circuler avec sa voiture. Une liberté qui est surtout celle de l'automobiliste. Nous sommes plus dans une logique de faire cohabiter l'ensemble des modes de déplacement.
-> Christophe Dubois, président des jeunes Ecolo
Il y a les décisions osées impopulaires et populaires. Parmi les décisions osées populaires, un des combats du cdH a toujours été la gratuité des transports en commun pour les jeunes et, au-delà de ça, pour l’ensemble de la société. C’est plutôt non conventionnel comme combat. Je ne suis pas sûr que cela existe dans beaucoup de pays.
Parmi les décisions osées impopulaires, je pense, par exemple, à tout ce qui concerne la fiscalité automobile. Je crois qu’il faut passer à une fiscalité qui soit basée, non plus sur les critères actuels mais en fonction des émissions de CO2, de particules fines… Il y a aussi la question de la vignette autoroutière ou de la taxation au kilomètre pour les poids lourds. Ce sont des questions qui sont débattues au sein du gouvernement et les décisions prises seront assumées. Quand bien même elles sont impopulaires auprès d’une certaine catégorie de personnes, elles me semblent absolument indispensables !
Le cdH est à même de prendre et d’assumer des décisions impopulaires lorsqu’elles sont dans l’intérêt général : pour l’interdiction du tabac dans l’Horéca par exemple, le cdH est tout à fait à la pointe. Il est évident que cela ne fait pas plaisir à tout le monde mais c’est une voie inéluctable en matière de santé publique. Ainsi, récemment, au niveau fédéral, le cdH voulait déposer un amendement qui l’interdisait totalement pour 2011 mais il n’y a pas eu accord entre les différents partis.
-> Rodolphe Sagehomme, président des jeunes cdH
Propos recueillis par V.D.
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 14 octobre 2009