Si ces messieurs, dames du politique se donnaient la peine de sortir leur tête du sable, peut-être que certains pourraient arrêter leur cinéma.
"Actuellement, vivre seule coûte très cher et la colocation est un mode de vie qui me plaît bien. Je vivais déjà en colocation dans mon logement précédent où j’avais malgré tout réussi à obtenir un statut de chômeuse isolée.
Nous habitions à trois dans une maison à trois étages et j’occupais la chambre du dernier. Puisqu’à cet étage il y avait déjà une personne domiciliée, j’ai fait croire que j’habitais seule au premier étage, dans la chambre de mon colocataire, pour obtenir une domiciliation en tant qu’isolée. Comme c’était un garçon, j’ai mis dans sa chambre quelques affaires de fille pour rendre la situation plus crédible auprès de l’agent de quartier. J’y avais également installé un faux évier en guise de point d’eau, condition nécessaire pour être déclarée comme isolée. Toute cette mise en scène était assez stressante mais je n’avais pas le choix. L’allocation de chômage pour cohabitant s’élève à 380 euros. En tant que chômeuse isolée, j’allais recevoir 720 euros. La différence est de taille !
Mais l’agent de quartier n’était pas dupe et a vite compris le cinéma. Il avait aussi repéré les roulements fréquents au sein de la maison : des gens venaient s’installer, d’autres partaient, c’est typique dans une colocation.
Il a compris que j’entreprenais tous ces efforts pour m’en sortir, il a fermé les yeux et a fini par m’accorder ma domiciliation."
"Nous avons été expropriés de notre logement puisque la commune comptait construire des bureaux sur le périmètre où j’habitais. Nous avons donc trouvé une autre maison dans laquelle nous vivons actuellement à quatre. Au total, nous payons 1.200 euros, charges comprises, ce qui nous fait environ 300 euros à payer par personne.
Trois d’entre nous avaient besoin d’être domiciliés, nous avons donc entamé les démarches pour que chacun obtienne un étage. Comme nous sommes restés dans le même quartier, nous avons eu affaire au même agent, ce qui nous a mis en confiance. Je n’ai plus installé de faux évier puisqu’il avait l’air d’avoir compris notre situation.
Malheureusement, ça ne s’est pas passé comme nous l’espérions. Il m’a averti que je ne pouvais pas vivre seule à l’étage pour lequel je demandais une domiciliation puisqu’il n’y avait pas de point d’eau, que la chambre était trop petite et que donc, les normes en cas d’incendie n’étaient pas en règle. Il m’a fait la morale et a rajouté qu’il n’était pas très convenable, pour une jeune fille, d’habiter dans un lieu comme celui-là (en parlant du troisième étage).
Or, il savait très bien que nous étions colocataires, que nous partagions toute la maison et que nous avions donc accès à des points d’eau.
Il avait décidé de resserrer la vis. Il m’a fait savoir qu’il ne pouvait pas m’accorder une domiciliation dans ces conditions et que j’allais perdre mes avantages sociaux puisque j’allais être sans domicile. Il m’a clairement fait comprendre qu’il avait du pouvoir sur moi.
Je reçois aujourd’hui une indemnité de chômeuse cohabitante de 380 euros. Après avoir payé mon loyer de 265 euros, il me reste un total de 120 euros pour vivre par mois".
Jusqu’ici, j’ai accepté de travailler en tant que bénévole dans le domaine des arts du spectacle. Aujourd’hui, vu les conditions, je vais devoir chercher du travail rémunéré dans un autre domaine puisque les boîtes de production pour lesquelles je postule me répondent toutes qu’elles sont fauchées ou que leur équipe est au complet.
Je pense qu’il y a très peu de vrais chômeurs isolés puisque le prix des appartements s’élève à 400 ou 500 euros et qu’une indemnité de chômage s’élève à 700 euros. Changer la loi éviterait de faire de fausses cuisines et de faire tout un cinéma pour faire croire que l’on habite seul".
Propos recueillis par V.D.
Mise à jour de cette page sur www.coj.be le 29 avril 2009